Archives pour la catégorie Patrimoine Géologique

De nouvelles datations de roches vendéennes

 

Résultats de datation absolue de roches vendéennes        

 communiqués et interprétés par André Pouclet, géologue, membre de l’AVG

Le granite orthogneissifié de l’île d’Yeu est daté à 530 ± 8 Ma par mesure U/Pb par ablation laser à l’ICP-MS sur zircon . 530 Ma, c’est entre le Tommotien et l’Atdabanien, donc clairement le Cambrien inférieur (stade 2 de la série 1 de la charte internationale de 2006). On admettra sans peine que c’est aussi l’âge de l’orthogneiss des Sables d’Olonne.

NB : La datation de l’orthogneiss de l’île d’Yeu est tirée de Pitra et al. (2008) mais n’est pas encore publiée. Elle le sera dans la future notice de la carte géologique de l’île par Hervé Diot.

Dans la notice du Poiré-sur-Vie de Béchennec et al. (2008), de nouvelles datations de bonne qualité (Cocherie, U/Pb sur zircon LA-ICPMS, BRGM) donnent, pour la métarhyolite porphyroclastique de La Chapelle-Hermier, 478 ± 14 Ma, la métarhyolite de Coex, 483 ± 10 Ma et 486 ± 4 Ma, et la métarhyolite porphyroclastique de La Sauzaie, 481 ± 14 Ma et 477 ± 7 Ma.

Plus aucun doute possible. Ces rhyolites sont de l’Ordovicien inférieur, ainsi que la formation de Saint-Gilles. On peut les corréler avec les métarhyolites porphyroclastiques de St-Mathurin qui seraient en contact anormal avec les formations à phtanites s’il est bien vérifié qu’elles sont siluriennes. En revanche, les métarhyolites de Chardrie (Olonne-sur-mer) et  St Hilaire-de-Talmont semblent être stratigraphiquement en dessous. Celles de St Hilaire sont surmontées par la formation gréseuse à Cruziana attribuée à l’Ordovicien inférieur à moyen. Il faut réviser l’âge Wenlock (Silurien moyen) des métarhyolites de La Chapelle-Hermier et s’interroger sur l’âge silurien supérieur de celles de Mareuil qui devient très douteux à moins d’envisager un second épisode rhyolitique déconnecté.

La formation de Sauveterre-Chardrie (Ordovicien inférieur à Cambrien supérieur) thermiquement métamorphisée par le leucogranite (Viséen) des Sables d’Olonne et en contact anormal sur l’orthogneiss (Atdabanien) des Sables d’Olonne lui est donc postérieur d’environ 50 Ma. En revanche, les métasiltites du Cayola sont chevauchées par l’orthogneiss, comme les paragneiss de l’île d’Yeu (chevauchement initial nord-sud). Je ne connais pas la relation entre les métasiltites du Cayola et les métapélites de la pointe du Payré, mais j’envisagerais volontiers un âge Cambrien supérieur à moyen pour cet épisode détritique qu’on ne retrouve pas à Sauveterre.

Dans la notice du Poiré-sur-Vie de Béchennec et al. (2008), le granite d’Aizenay est daté à 335 ± 5 Ma, celui des Clouzeaux à 329 ± 6 Ma, celui de Beaulieu à 328 ± 5 Ma. Compte tenu des données sur monazite non publiées de Michel Faure, je pense que le leucogranite des Sables d’Olonne est contemporain et daté du Viséen entre 330 et 320. Ce magmatisme crustal anatectique est associé à la phase d’extension est-ouest qui fait suite aux chevauchements des nappes supra-crustales du Dévonien supérieur.

 

 

André Pouclet

L’AVG parle du fleuve Yprésis aux portes ouvertes d’une carrière Lafarge

 

 Sables et cailloutis de la carrière de la Gagnerie à Saint-Colomban : des dépôts d’un fleuve Yprésien de 50 millions d’années

 

Invités par Monsieur Nicolas Pucelle, Chef de la carrière-sablière de la Gagnerie et par Monsieur Jean Dugardin, responsable Foncier Environnement, deux représentants de l’AVG ont exposé l’histoire de la découverte du fleuve Yprésis lors des portes ouvertes da la carrière de la Gagnerie appartenant au groupe LAFARGE Granulats.

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              Portes ouvertes de la sablière, le vendredi 31 mai et le samedi 1er juin 2013    

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Situation de la carrière de la Gagnerie sur une vue aérienne

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  Les deux représentants de l’AVG, J. Chauvet et H. Vreken, prêts à accueillir les visiteurs

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Hendrik Vreken raconte l’histoire de la découverte du fleuve Yprésis, cartes à l’appui.

L’AVG remercie les représentants du Groupe Lafarge Granulats pour leur accueil très chaleureux et leur accompagnement  au cours de la journée.

Le fleuve Yprésis

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Tracé du paléofleuve Yprésis sur une carte satellite

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Situation de la carrière de la Gagnerie à Saint-Colomban, dans l’Yprésien fluviatile

Les dépôts fluviatiles Yprésiens de la carrière de la Gagnerie    

Les sables de la carrière de la Gagnerie correspondent très probablement à des dépôts du fleuve Yprésis. Ils contiennent des formations caractéristiques de l’Yprésien :

  • des cailloutis qui comportent des galets roulés remaniant des éléments provenant des terrains calcaires du sud-ouest du Bassin de Paris, en particulier des silex gris patinés du Jurassique et des fossiles du Crétacé supérieur (éponges silicifiées et débris de bivalves ; etc…). Des galets de quartz pourraient aussi provenir du Limousin.

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  Echantillon de cailloutis de la Gagnerie avec dragées de quartz, silex gris patinés, éponges silicifiées et débris de bibalves

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Eponges silicifiées des sables de la Gagnerie

  • des argiles grises et blanches riches en kaolinite intercalées dans les sables.
  • des argiles noires riches en matières carbonées. Des argiles analogues, rencontrées dans plusieurs sites dont celui de l’Anse Rouge de Noirmoutier, ont livré d’abondants pollens. L’étude de ces pollens a permis de reconstituer la végétation de l’époque, celle d’une forêt tropicale humide avec des zones marécageuses à mangrove. Les espèces végétales identifiées sont typiques de la végétation de l’époque Yprésienne ; ce sont elles qui ont permis de déterminer l’âge du fleuve. 

 

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Argile noire charbonneuse et argile blanche riche en kaolinite de la Gagnerie

 

Situation de l’Yprésien dans une échelle des temps géologiques 

Echelle stratigraphique - Copie copie copie 

 Première publication sur Yprésis en 1994

En 1994, Gaston Godard, Michel Chevalier, Pascal Bouton, Bernard Mouroux, publiaient dans le bulletin n°4 de la Société Géologique de France un article de 20 pages sur la découverte d’  » Un fleuve Yprésien du Berry à La Vendée, témoin de l’évolution paléogéographique et tectonique du Centre- ouest de La France au Cénozoïque. »

Ce fleuve dénommé Yprésis traversait notre région, il y a environ 50 millions d’années, à l’époque Yprésienne (Éocène inférieur, début du Tertiaire). A cette époque, les Dinosaures avaient disparu depuis 15 millions d’années avec la grande crise biologique Crétacé-Tertiaire (crise K-T), tandis que l’Homme n’apparaîtra que 45 millions d’années plus tard.

Des traces de ce fleuve semblent exister jusqu’en Brenne, aux confins du Berry et de la Touraine. Mais c’est surtout à l’ouest de Poitiers, dans les régions de Parthenay puis de Bressuire, que les sédiments fluviatiles dessinent une traînée claire, large de 5 km en moyenne et dirigée vers le Nord-Ouest. Dans les collines vendéennes, l’érosion ultérieure a fait disparaître ces sédiments, mais le fleuve a néanmoins laissé un vestige : il s’agit de la vallée fossile de Saint-Mars-la-Réorthe qui dessine un couloir de 2 km de large, 8 km de long et 50 m de profondeur entre Les Epesses et Les Herbiers. A l’Ouest de Mesnard-la-Barotière, les sédiments réapparaissent et forment une traînée large de 4 km environ, jusqu’à Montaigu. Ils s’élargissent ensuite en aval de Montaigu et recouvrent de très larges surfaces dans tout le Nord-Ouest de la Vendée et le Sud-Ouest de la Loire-Atlantique. Cette région comprise dans l’angle Nantes – Montaigu –  Challans constituait alors le delta du fleuve disparu.

Histoire de la découverte du fleuve Yprésis

Le temps des pionniers.

Les sables, les cailloutis et les grès du Sud-Ouest de la Loire-Atlantique et du Nord-Ouest de la Vendée, en particulier ceux de Noirmoutier, furent étudiés au début du XIXème siècle par Bertrand Geslin, Auguste Rivière, Adolphe Archiac. Ils les attribuèrent au Crétacé supérieur (90 millions d’années), car ils y avaient observé des fossiles de cette époque (éponges,brachiopodes). Ces fossiles roulés provenaient du Bassin Parisien et furent usés et transportés après le Crétacé.

   Une fausse piste : le golfe pliocène de Montaigu

En 1881, Louis Crié montra que les grès de Noirmoutier appartenaient à l’Eocène grâce à la découverte d’empreintes de plantes fossiles de cette époque, les palmiers du genre Sabal. Dans le même temps, Gaston Vasseur étudia les sédiments tertiaires de l’Ouest de la France. Il montra que les sables de la vallée de la Vilaine s’étaient déposés dans une mer au Pliocène (2 millions d’années). On pensa extrapoler cette conclusion aux dépôts de la Loire-Atlantique et de la Vendée. Ces sédiments se seraient déposés dans un golfe de la mer pliocène nommé « paléo­golfe de Montaigu ». Cette conception entraînait une anomalie difficile à expliquer à Noirmoutier, les sables d’âge  » pliocène », donc récents, étant surmontés par les grès éocènes, nettement plus anciens.

  Nouvelles découvertes grâce à la micropaléontologie

Vers 1959, Suzanne Durand employa une nouvelle technique de datation : la palynologie. Elle montra que les pollens contenus dans les sédiments de Noirmoutier appartenaient à des espèces végétales vivant à l’Eocène. Des pollens du même âge furent trouvés dans les sables de Savenay et de Bourgneuf-en-Retz, ils n’étaient pas liés à la mer du Pliocène. Durant les 3 décennies qui suivirent, des études réalisées par Mireille Ters vinrent confirmer la présence dans toute cette région de sédiments de l’Eocène inférieur appelé Yprésien. Dans le même temps, les techniques de datation absolue utilisant les concentrations d’isotopes radiogéniques des roches permettaient d’estimer àenviron 50 millions d’années l’âge de cet étage Yprésien. D’autre part, l’étude des grains de sable, leur usure, leur taille, concluaient que ces sédiments avaient des caractères de dépôts fluviatiles.

 La découverte de l’ancien fleuve Yprésis

En 1990, à l’occasion des levés de la carte géologique (feuille de Montaigu), Gaston Godard et Michel Chevalier découvrirent que les sédiments du prétendu paléo-golfe pliocène de Montaigu se prolongeaient vers le Sud-Est jusqu’aux environs de Mesnard-la Barotière. L’allure en carte des dépôts suggérait une ancienne vallée fluviatile s’élargissant en delta plutôt qu’un golfe marin. L’âge Pliocène devait donc être abandonné au profit d’un âge Yprésien.

Depuis longtemps, on avait observé que les sédiments comportaient de nombreux galets de silex jurassiques : les chailles et quelques fossiles roulés du Crétacé. Ces éléments, transportés par le fleuve, ne pouvaient avoir été empruntés qu’aux sédiments du Bassin Parisien et du Seuil du Poitou. Des traces de l’ancien fleuve devaient donc exister plus loin en amont, vers l’Est. Une large traînée à sables et cailloutis avec les mêmes galets de silex, les mêmes fossiles remaniés fut en effet retrouvée dans la région de Bressuire et suivie jusqu’aux environs de Poitiers. Certains géologues avaient déjà reconnu la présence d’une « formation fluviatile divaguante d’âge éocène ». Des traces du cours disparu semblaient exister plus loin encore vers l’amont jusque dans le Berry. L’absence de sédiments conservés dans les collines vendéennes était rapportée à l’effet de l’érosion plus active dans cette région accidentée et à la surrection du haut bocage vendéen ; la « trouée de Saint-Mars-la-Réorthe » dont l’existence n’avait jamais reçu d’explication vraiment satisfaisante, pouvait représenter un vestige de l’ancienne vallée creusée par le fleuve.

Article de Jean Chauvet

       

En complément, le compte-rendu d’une excursion de l’AVG en 2011 :

 » Sur les traces du paléofleuve Yprésis « 

Télécharger AVG.Bulletin 2011.Article Yprésis AVG.Bulletin 2011.Article Yprésis  

 

Sur les traces de la météorite de Rochechouart

 

Les traces de l’impact météoritique de Rochechouart 

Article de Pierre Gibaud      

 

A la limite entre le Limousin et la Charente, Rochechouart est une petite sous-préfecture de la Haute-Vienne, de moins de 4000 habitants, connue pour deux raisons :

– Les vicomtes de Rochechouart sont la plus vieille famille noble actuelle. Ce nom est très répandu dans divers patronymes à Paris.

– L’astroblème gigantesque, seulement élucidé en 1967.

Bien sûr, c’est cette seconde particularité qui nous a poussé au voyage !

 

Au détour d’une petite route sinueuse, voici château et clocher perchés sur un plateau.  

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Le château, imposant

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 Dans le parc public qui le jouxte, la roche n’est pas facile à identifier.

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En flânant dans une ruelle, observons un muret aux pierres jointées à la chaux. L’aspect de ces pierres est inhabituel.

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Autant de variété interpelle : ces pierres ont une histoire, sans doute complexe !

L’église

Le toit vrillé n’est pas banal. Voilà un charpentier qui cherchait la difficulté ! 

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Les colonnes encadrant le porche d’entrée sont d’une couleur grise qui tranche avec les pierres voisines.

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 En regardant de près dans ces pierres grises, on y voit des détails curieux :

– du granite ou du gneiss noyé dans une pâte,

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– ou bien…    

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 – ou encore !    

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Plus loin, une pierre ressemble à une « brèche », avec ses morceaux anguleux enchevêtrés. 

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En 1967, François Kraut, (1907-1983) géologue au Muséum de Paris, démontre que ces diverses roches sont la preuve de la chute d’une grosse météorite qui a eu lieu vers -200 Ma.

Le « Musée de la météorite » de Rochechouart sera créé en 1995. Devant la porte, sur le sol, voici un échantillon verni de la « brèche de Rochechouart ».

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 Visite du musée

Des  panneaux  bien composés expliquent le cataclysme.L’événement est daté de 200 Ma environ.

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 A cette époque, les continents étaient presque tous soudés pour former la Pangée.

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 L’impact fut d’une extrême violence.

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Pendant longtemps, il en a résulté un cratère circulaire de 20 km de diamètre et 2 km de profondeur. 

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Le fond plat était recouvert par les débris retombés et inclus dans la roche fondue sur une épaisseur de 100 m.  Après refroidissement, cette matière a donné des « brèches » caractéristiques.

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De nos jours, l’érosion a totalement détruit le cratère et l’a même sur-creusé de façon telle que Rochechouart est actuellement perchée sur un plateau.

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Ces brèches ayant servi de pierres de construction, c’est donc dans les murs qu’on les observe le mieux. Ici comme ailleurs, c’est dans les murs à faible valeur architecturale qu’on trouve le plus sûrement les pierres issues directement du sous-sol d’un site !

 

Echantillons de  diverses brèches exposées :

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La violence des impacts météoritiques modifie les roches qui deviennent des « impactites ». Elles sont identifiables de deux manières :

– au niveau microscopique :  les grains  de « quartz choqués » visibles en lame mince.

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–   au niveau centimétrique : les « cônes de percussion » .

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La Terre est continuellement bombardée de météorites. Heureusement que les plus grosses et les plus dévastatrices sont rares !  

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Le musée montre aussi la coupe du fond du cratère à la carrière de Champagnac.

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 Allons voir cette carrière qui exploite la roche située sous l’impact. 

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Une partie du site de l’astroblème* ( 50 ha) a été classée en 2008. Elle est ainsi protégée. Il est donc interdit de ramasser le moindre caillou. A l’évidence les plus typiques ont déjà disparu !

*Astroblème : créé par l’impact météoritique 

Depuis qu’on évoque le rôle d’une météorite dans la disparition des dinosaures, la chute des plus grosses météorites interpelle, même si la trace au sol n’est plus visible.

Cette météorite de Rochechouart avec ses 1500 m de diamètre, 6 milliards de tonnes et lancée à 22 km/s a dû faire de gros dégâts. Elle et sans doute provoqué un changement climatique fatal à la biosphère sur un vaste territoire équivalent à la surface de la France.

Ce projectile provient probablement de la ceinture des astéroïdes située entre Mars et Jupiter.

On est un peu déçu par la géographie actuelle du site car on ne voit pas un cratère comme celui du « Meteor Crater » de l’Arizona  qui ne date que de 40 000 ans.

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Cependant, la promenade dans les ruelles de Rochechouart et surtout la visite du très beau musée de l’astroblème valent le détour.

Enfin, quand vous viendrez, il ne faut pas manquer les ruines des thermes romains de Chassenon, commune très proche, et construits avec les roches de l’astroblème.

Texte et photos de  Pierre GIBAUD 

 

NB : Article réalisé à partir de deux visites, une personnelle en 2004 et une seconde avec l’AVG85  en 2008.

Pour en savoir davantage :      

http://www.astrosurf.com/astrojanus/Robert.htm

http://fr.wikipedia.org/wiki/Astrobl%C3%A8me_de_Rochechouart-Chassenon

http://meteorites.superforum.fr/forum

Autre article : AVG – Bulletin 2008 – « Sur les traces du cratère météoritique de Rochechouart » de C.König

AVG.Bulletin 2008 AVG.Bulletin 2008 

La réduction du fer dans un bas-fourneau par l’AVG – Diaporama

 

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Ce diaporama décrit la fabrication d’un bas-fourneau et la réduction du fer par l’Association Vendéenne de Géologie, sous la conduite de Jean-Claude Leblanc, chercheur en paléosidérurgie, associé à  l’UMR 5608, CNRS, UTAH, Université de Toulouse II – Le Mirail.

L’expérimentation s’est réalisée le samedi 16 et le dimanche 17 octobre 2004, chez Monsieur et Madame Giraudeau, à Sainte-Hermine. A cette occasion,  l’AVG avait invité des membres du Groupe Vendéen d’Etudes Préhistoriques à participer.

Jean-Claude Leblanc a donné aux participants les instructions pour construire le four le samedi et  a conduit la réduction du fer le dimanche.

Sa démarche de chercheur était dictée par deux objectifs principaux :

– Utiliser les produits locaux, argile* et minerai de fer*, et les méthodes historiques pour tenter d’obtenir les mêmes produits que ceux trouvés par les archéologues :

  • Argile de la carrière de la Bretaudière (85310 – Chaillé-sous-les-Ormeaux) et 
  • Minerai de fer de la Ferrière (85).

 – « Transmettre un savoir-faire pour conserver ces techniques anciennes dans notre patrimoine culturel ».

Le bulletin 2004 de l’AVG contient un article de Claire König relatant, de façon détaillée, les conditions et les étapes de l’expérimentation. 

 

Télécharger en cliquant sur les liens suivants

Réduction fer 1
Réduction fer 2
Réduction fer 3

 

Un article de G.Godard sur les buttes coquillières de St Michel-en-l’Herm

 

Histoire d’une énigme : les buttes coquillières de Saint-Michel-en-l’Herm (Vendée)
Gaston GODARD

COMITÉ FRANÇAIS D’HISTOIRE DE LA GÉOLOGIE (COFRHIGEO) – séance du 8 mars 1995

TRAVAUX DU COMITÉ FRANÇAIS D’HISTOIRE DE LA GÉOLOGIE 
– Troisième série – 
T.IX (1995) 

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 Télécharger

 http://annales.org/archives/cofrhigeo/buttes-coquillieres.html

Les pans de Travassac , en Corrèze

 

Une ardoisière spectaculaire

Article de Pierre Gibaud   

 

Sur la commune de Donzenac en Corrèze, à 12 km au nord de Brive-la-Gaillarde se trouve une ardoisière spectaculaire. La situation géologique et l’exploitation par les hommes ont donné un site exceptionnel. Que vous soyez géologue ou simple touriste, le site vaut le voyage.

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Le site étant privé, il faut donc se joindre à une visite commentée pour se mesurer à ces pans vertigineux. En attendant l’horaire, on peut se détendre et se rafraîchir à l’ombre et consulter des panneaux descriptifs qui seront encore plus faciles à comprendre lorsque la visite sera terminée.

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Ce jour-là, une jeune fille nous a pilotés avec gentillesse et grande compétence.

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Les « pans » sont des murailles de quartzite qui séparent les couches d’ardoise retirées par l’exploitation déjà ancienne.

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Pendant l’exploitation, des « perces » ont été creusées dans les pans de roche dure pour faciliter la communication entre les différentes zones d’exploitation de l’ardoise.

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L’ardoise et le quartzite sont des roches métamorphiques, c’est à dire qu’elles résultent de la transformation d’autres roches,  sous l’action de variations de  température et de pression. L’argile a donné l’ardoise, tandis que le sable s’est transformé en quartzite.

Sur le site, on observe 7 pans de quartzite de même épaisseur séparant 6 zones d’ardoise. Ces dernières sont de même épaisseur un peu supérieure à celle de la quartzite.

Cette particularité est expliquée par une formation initiale unique : dans une cuvette peu profonde, une couche de sable s’est répandue uniformément. Le détail suivant montre que la quartzite fut d’abord un sable alluvionnaire.

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Ensuite une couche d’argile plus épaisse est venue recouvrir la couche de sable. Le tout s’est enfoncé dans le sol pendant une durée géologique.

Plus tard, les forces colossales qui ont soulevé les Pyrénées ont plissé l’ensemble (ardoise + quartzite) de façon que les plis soient devenus verticaux.

L’érosion a ensuite raboté la partie supérieure des plis

L’homme enfin a exploité l’ardoise, en laissant sur place les pans de quartzite très dure.

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Les carrières d’ardoise inexploitées sont maintenant envahies par l’eau.

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L’un des puits a une profondeur d’eau de 52 m et sert de base d’entraînement aux clubs de plongée.

La photo suivante  montre deux coupes d’un même puits d’extraction. 

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On se dirige maintenant vers une zone d’exploitation. Le site accueille de nombreux touristes qui peuvent déambuler sur un itinéraire bien sécurisé.

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Le fendeur d’ardoise  travaille « sur le tas » mais à l’abri du soleil ou du vent.

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Puis l’ardoise est découpée à la forme exigée et percée pour être retenue par un crochet (cuivre ou inox).

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Chaque ardoise est « sonnée » en la faisant tinter sous le choc d’un petit marteau. Ce test élimine les ardoises poreuses ou ne présentant pas la bonne épaisseur. Au final on ne vend que 6% d’ardoise à partir de la roche extraite !
Heureusement qu’il existe un autre débouché,  le dallage pour lequel on est  moins exigeant.

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Cette ardoise de très haute qualité est garantie 5 siècles. Vu son prix, elle est réservée aux monuments de haute valeur patrimoniale comme le Mont St Michel recouvert récemment.

Près de la sortie, au pied d’un pan de hauteur impressionnante, on arrive à un petit musée dont les vitrines contiennent des outils ou des documents caractéristiques des ardoisières.

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Encore un regard sur ce site exceptionnel !

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Rappelez-vous de Travassac quand vous serez dans la région. Ce site unique vaut le détour !

Texte, schéma et photos de Pierre GIBAUD

Conclusion de l’enquête publique sur le projet du Port de Brétignolles

 

La part de la géologie et de l’archéologie dans l’enquête publique

 

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SYNTHÈSE DU THÈME D’OBSERVATION n°7 : GÉOLOGIE ET ARCHÉOLOGIE – pages 12-13 / 17

« Le site de la Normandelière, notamment son estran rocheux, est d’une très grande richesse géologique qui s’étend le long de la côte rocheuse, sur tout le littoral Brétignollais, tandis que la richesse archéologique du même site réside essentiellement à La Normandelière et au Marais Girard, à l’aune des découvertes des dernières décennies.

Indistinctement, les observations très nombreuses du public, relatives à la géologie et l’archéologie disent que :

– l’estran sous sa forme actuelle est un espace remarquable qui doit être protégé. Ces aménagements importants (récifs artificiels, brise-lames, estacade, déblais, remblais, etc.), le transformeront radicalement et impacteront lourdement cet espace précieux. – l’ensemble de l’estran situé sur la commune de Brétignolles a été classé comme site majeur pour la Région des Pays de Loire, pour les sites géologiques, minéralogiques et paléontologiques qui présentent un intérêt scientifique et pédagogique – le tracé du chenal d’entrée au port se trouve sur un gisement géologique et préhistorique remarquable, celui du Marais Girard :
– découverte de restes d’éléphants antiques, dont une molaire entière et une documentation végétale, conservée, indique l’état de la nature à cette époque inter¬glacière,
– après la dernière glaciation, les premières communautés paysannes ont, elles aussi, laissé des traces : araires vraisemblablement datées du Campaniforme, c’est-à-dire 2 300 ans avant J-C. Les indices troublants de cette présence sont les alignements non naturels des cailloux, des ossements
– Brétignolles est un site unique lié à son patrimoine géologique côtier reconnu du fait de sa diversité des formations d’àge paléozoïque bien visibles à marée basse. – la plage du Marais Girard contient en plus des tourbes médiévales, cette dernière n’a pas encore été fouillée dans le détail.
– sur le plan géologique, la série de roches de Brétignolles inspire les scientifiques : On trouve la visite d’étudiants brésiliens pour travailler sur la coupe de l’estran en 1958 de Mireille Ters, qui signale que les roches sont  les plus vieilles de France avec celles de Lamballe et de St Lô .
– la série géologique de l’estran de Brétignolles a été particulièrement bien étudiée et cartographiée par la géologue Mireille Ters, membre du Service de la Carte Géologique
de France.
– cet aspect n’est nullement traité dans l’étude d’impact comme si l’estran rocheux ne présentait aucun intérêt pour l’environnement. Cette lacune n’est pas admissible et est une lacune majeure du dossier, étant donné les effets dommageables de l’implantation des deux enrochements sur l’estran du Marais Girard.
– il disparaitrait à tout jamais un élément majeur de la série géologique de Brétignolles, que des géologues français et étrangers viennent étudier.

La Commission d’enquête constate que les explications motivées et pédagogiques du public sur la richesse géologique et archéologique du site de la Normandelière sont assez impressionnantes et qu’il est démontré l’attachement et l’intérêt à préserver cette richesse, que le projet de port détruirait, s’il venait à se réaliser.

Sur le plan géologique,  l’intérêt de l’estran rocheux de Bréfignolles est largement démontré par le public, mais surtout par Mr Bresson l’hydrogéologue, qui a été entendu et a dit que « cet estran constitue une série complète de roches de l’époque primaire (silurien, 400 millions d’années environ) facilement accessible parce que découverte, qui en fait un site méritant d’être classé au patrimoine mondial de l’UNESCO ».

Sur le plan archéologique, également développé dans l’enquête DUP, la DRAC a pris, le 22 juillet dernier, un arrêté portant prescription d’une opération d’archéologie préventive sur 40 ha de la zone couverte par le site du projet.Le public peut donc être rassuré sur la sauvegarde de ce patrimoine potentiel.

La Commission d’enquête considère que la richesse géologique et archéologique du site du projet de port de Brétignolles fait tout simplement obstacle, à elle-seule, à la réalisation du projet ».

MOTIVATION DE L’AVIS DE LA COMMISSION D’ENQUETE –  pages 16-17 / 17 .

« Les motivations de la Commission d’enquête devant l’amener à émettre un avis sur la présente enquête, résultent : du déroulement de l’enquête – des lois et règlements en vigueur – du contenu du projet de création du port – de la nature des observations – des auditions pratiquées par la Commission.

La présente enquête se rapporte aux articles R 123-1 et L 123-1 et suivants du Code de l’Environnement, en raison de la nature du projet de création du port de plaisance de Brétignolles, susceptible d’affecter l’environnement.
Ne seront traités, dans cette enquête « Impact environnemental », que les effets sur la partie terrestre ou immédiatement maritime.
Cet aspect, sur l’impact environnemental du projet de port, partie intégrante de l’appréciation des éléments de l’utilité publique d’un projet, a été évoqué dans la synthèse de l’enquête sur la Déclaration d’Utilité Publique, de façon générale.
Ainsi, après analyse et examen,

La Commission d’enquête considère que :

–  Préalablement à l’ouverture de l’enquête, la publicité de l’enquête publique par voie d’affichage dans les mairies, Préfecture et Sous-Préfecture a été faite régulièrement, de même que  l’avis d’enquête publique – publié à deux reprises dans 3 journaux du département de la Vendée.

–  Le public a pu consulter en toute commodité le dossier d’enquête publique et avoir accès aux registres d’enquête, à la mairie de Brétignolles, Préfecture et Sous-Préfecture, où ils se trouvaient, malgré les difficultés rencontrées et dénoncées par le public, notamment, quant aux incertitudes des informations et de la méthodologie, les difficultés de lisibilité du dossier.

– Toutes les phases de la procédure d’enquête publique ont été respectées et notamment qu’il a été satisfait aux demandes du public.

– Les observations formulées pendant l’enquête publique, ont toutes été évaluées, analysées et prises en considération par la Commission d’enquête, en retenant parmi elles, les suggestions ou celles confortant son avis dans chaque thème d’observations.

– Le projet de port n’est pas élaboré dans une optique de développement durable puisqu’il serait porté atteinte au patrimoine historique, naturel, culturel, paysager, environnemental et touristique du site

– La Ferme de la Normandelière subirait un impact considérable sur l’exploitation en raison de la réalisation du port : disparition de 17 ha de terres labellisées bio, dont 11 ha constitués par des zones humides, la plupart en prairies de fauche. Cette situation aurait, également, un impact sur la contribution de la ferme à l’équilibre de la biodiversité.

– L’atteinte générale à l’environnement serait importante du fait de l’ampleur des travaux, de la destruction des zones humides et d’une partie du littoral, de la transformation des paysages, de la rupture physique entre la plage de la Normandelière et la plage du Marais Girard, de la répercussion sur la biodiversité, ces atteintes n’étant pas suffisamment compensées par des mesures.

– L’impact sur la faune et la flore serait très important en termes de destruction, même si des mesures compensatoires prévoient le transfert et la réimplantation des espèces protégées dans d’autres lieux, l’adaptation à ces nouveaux habitats n’étant pas garantie.

– Le site de la Normandelière, bien que se trouvant en dehors des zones naturelles protégées, est encerclé par trois d’entre elles, à peu de distance, et qu’elles seront forcément indirectement impactées par la réalisation du projet, compte tenu des interactions possibles entre les zones, notamment en ce qui concerne la faune qui ne connait pas les frontières.

– Si certaines pollutions sont provisoires, notamment pendant les travaux, d’autres seront inévitablement irréductibles, mais sont liées et communes à toute exploitation de port : risque de pollution du bassin portuaire pouvant impacter la qualité des eaux de baignade et les organismes benthiques et halieutiques ainsi que la qualité du sable des plages.

La richesse géologique et archéologique du site est un obstacle considérable à la réalisation du projet pour les raisons suivantes :
–    il est dit et prouvé que, sur le plan géologique, l’estran rocheux, entre autres, est d’un grand intérêt pédagogique, scientifique, au point qu’il mériterait, selon un hydrogéologue, d’être classé au patrimoine mondial de l’Unesco,
– sur le plan archéologique, les découvertes prouvant des traces de vie humaines et animales, plusieurs siècles avant Jésus Christ, sont établies et ont provoqué, le 22 juillet dernier, un arrêté d’opération d’archéologie préventive de la DRAC.

L’avis de l’autorité environnementale, contesté par le Maître d’ouvrage, qui indique, notamment, que le port :
–    serait grand consommateur d’espace,
–    détruirait un espace naturel d’intérêt général – serait dangereux pour la navigation,
–    engendrerait des coûts d’entretien du chenal importants,
–    créerait le déséquilibre financier pour le budget communal,
est parfaitement justifié eu égard à la nature des observations, des constatations, études et investigations de la Commission d’enquête qui adhère  complètement à cet avis.

Pour toutes les raisons évoquées ci-dessus, la Commission d’enquête émet un avis défavorable à l’enquête dite « Impact environnemental » dans le cadre du projet de création du port de plaisance de Brétignolles sur Mer, tel que présenté dans le dossier soumis à la consultation du public. »

La Roche sur Yon le 8 décembre 2011

Le Président de la Commission d’enquête

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