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Sur les traces de la météorite de Rochechouart

 

Les traces de l’impact météoritique de Rochechouart 

Article de Pierre Gibaud      

 

A la limite entre le Limousin et la Charente, Rochechouart est une petite sous-préfecture de la Haute-Vienne, de moins de 4000 habitants, connue pour deux raisons :

– Les vicomtes de Rochechouart sont la plus vieille famille noble actuelle. Ce nom est très répandu dans divers patronymes à Paris.

– L’astroblème gigantesque, seulement élucidé en 1967.

Bien sûr, c’est cette seconde particularité qui nous a poussé au voyage !

 

Au détour d’une petite route sinueuse, voici château et clocher perchés sur un plateau.  

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Le château, imposant

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 Dans le parc public qui le jouxte, la roche n’est pas facile à identifier.

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En flânant dans une ruelle, observons un muret aux pierres jointées à la chaux. L’aspect de ces pierres est inhabituel.

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Autant de variété interpelle : ces pierres ont une histoire, sans doute complexe !

L’église

Le toit vrillé n’est pas banal. Voilà un charpentier qui cherchait la difficulté ! 

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Les colonnes encadrant le porche d’entrée sont d’une couleur grise qui tranche avec les pierres voisines.

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 En regardant de près dans ces pierres grises, on y voit des détails curieux :

– du granite ou du gneiss noyé dans une pâte,

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– ou bien…    

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 – ou encore !    

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Plus loin, une pierre ressemble à une « brèche », avec ses morceaux anguleux enchevêtrés. 

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En 1967, François Kraut, (1907-1983) géologue au Muséum de Paris, démontre que ces diverses roches sont la preuve de la chute d’une grosse météorite qui a eu lieu vers -200 Ma.

Le « Musée de la météorite » de Rochechouart sera créé en 1995. Devant la porte, sur le sol, voici un échantillon verni de la « brèche de Rochechouart ».

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 Visite du musée

Des  panneaux  bien composés expliquent le cataclysme.L’événement est daté de 200 Ma environ.

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 A cette époque, les continents étaient presque tous soudés pour former la Pangée.

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 L’impact fut d’une extrême violence.

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Pendant longtemps, il en a résulté un cratère circulaire de 20 km de diamètre et 2 km de profondeur. 

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Le fond plat était recouvert par les débris retombés et inclus dans la roche fondue sur une épaisseur de 100 m.  Après refroidissement, cette matière a donné des « brèches » caractéristiques.

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De nos jours, l’érosion a totalement détruit le cratère et l’a même sur-creusé de façon telle que Rochechouart est actuellement perchée sur un plateau.

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Ces brèches ayant servi de pierres de construction, c’est donc dans les murs qu’on les observe le mieux. Ici comme ailleurs, c’est dans les murs à faible valeur architecturale qu’on trouve le plus sûrement les pierres issues directement du sous-sol d’un site !

 

Echantillons de  diverses brèches exposées :

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La violence des impacts météoritiques modifie les roches qui deviennent des « impactites ». Elles sont identifiables de deux manières :

– au niveau microscopique :  les grains  de « quartz choqués » visibles en lame mince.

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–   au niveau centimétrique : les « cônes de percussion » .

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La Terre est continuellement bombardée de météorites. Heureusement que les plus grosses et les plus dévastatrices sont rares !  

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Le musée montre aussi la coupe du fond du cratère à la carrière de Champagnac.

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 Allons voir cette carrière qui exploite la roche située sous l’impact. 

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Une partie du site de l’astroblème* ( 50 ha) a été classée en 2008. Elle est ainsi protégée. Il est donc interdit de ramasser le moindre caillou. A l’évidence les plus typiques ont déjà disparu !

*Astroblème : créé par l’impact météoritique 

Depuis qu’on évoque le rôle d’une météorite dans la disparition des dinosaures, la chute des plus grosses météorites interpelle, même si la trace au sol n’est plus visible.

Cette météorite de Rochechouart avec ses 1500 m de diamètre, 6 milliards de tonnes et lancée à 22 km/s a dû faire de gros dégâts. Elle et sans doute provoqué un changement climatique fatal à la biosphère sur un vaste territoire équivalent à la surface de la France.

Ce projectile provient probablement de la ceinture des astéroïdes située entre Mars et Jupiter.

On est un peu déçu par la géographie actuelle du site car on ne voit pas un cratère comme celui du « Meteor Crater » de l’Arizona  qui ne date que de 40 000 ans.

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Cependant, la promenade dans les ruelles de Rochechouart et surtout la visite du très beau musée de l’astroblème valent le détour.

Enfin, quand vous viendrez, il ne faut pas manquer les ruines des thermes romains de Chassenon, commune très proche, et construits avec les roches de l’astroblème.

Texte et photos de  Pierre GIBAUD 

 

NB : Article réalisé à partir de deux visites, une personnelle en 2004 et une seconde avec l’AVG85  en 2008.

Pour en savoir davantage :      

http://www.astrosurf.com/astrojanus/Robert.htm

http://fr.wikipedia.org/wiki/Astrobl%C3%A8me_de_Rochechouart-Chassenon

http://meteorites.superforum.fr/forum

Autre article : AVG – Bulletin 2008 – « Sur les traces du cratère météoritique de Rochechouart » de C.König

AVG.Bulletin 2008 AVG.Bulletin 2008 

Carnet de voyage : Les gorges du Cians et de Daluis

 

Les gorges du Cians et de Daluis

Jean et Catherine CHAUVET

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Vue des Gorges du Cians     

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      Vue des Gorges de Daluis    

Au Nord-Ouest du département des Alpes-Maritimes, le Var et son affluent le Cians, ont taillé des gorges profondes et abruptes dans les massifs de pélites rouges permiennes du dôme de Barrot .Ces gorges spectaculaires par leur morphologie et leur couleur confèrent à cette région l’appellation de « Colorado niçois ».

Localisation 

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Les gorges du Cians

Le Cians prend sa source dans le parc national du Mercantour , au pied du mont Mounier (2817m).Pour rejoindre le Var, il a taillé, dans des pélites rouges permiennes et des calcaires secondaires, des gorges abruptes. En 25 km d’un parcours acrobatique, il descend de 1600 m. Sa force érosive importante est décuplée lors des crues consécutives à la fonte des neiges.

Les gorges supérieures du Cians, de Beuil vers Pra-d’Astier présentent des versants abrupts, déchiquetés bizarrement ou avec de grandes surfaces lisses. La route sinueuse, tantôt borde, tantôt domine de très haut le lit du Cians qui descend par paliers successifs. Les passages les plus beaux sont la « Petite clue* » et la « Grande clue » que l’on découvre à pied en toute tranquillité, en dehors de la route principale. Au plus étroit des gorges, les deux parois opposées ne sont qu’à 1 m l’une de l’autre.

 *Clue ou cluse : Coupure étroite et encaissée creusée perpendiculairement à une chaîne de montagnes.

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Gorges taillées par le Cians dans les pélites rouges   

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Le torrent du Cians circulant entre les blocs de pélites rouges    

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      Passage de la grande clue

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Passage de la grande clue

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Dans les gorges inférieures du Cians, la route épouse tous les contours du défilé sinueux creusé dans les pélites rouges permiennes surmontées  des calcaires et marnes du secondaire.

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Des massifs de pélites rouges en arrière-plan  et des massifs marno-calcaires au premier plan   

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      Le Cians à la sortie des gorges aux parois calcaires

 

Les gorges de Daluis*

Creusées par le Var dans les pélites rouges permiennes, les gorges du Daluis sont plus imposantes et plus évasées que les gorges du Cians.D’une profondeur saisissante ,formant des « canyons » de plus de 300m d’à-pic , elles nous livrent des décors sauvages grandioses.

* Daluis est un petit village perché dominé par les ruines d’un château, situé à la sortie des gorges.  

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Localisation des principaux sites…de l’amont vers l’aval… 

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Route sinueuse bordant les gorges de Daluis, en amont. 

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Le Var , au fond des gorges de Daluis

Le Pont de la mariée, site de saut à l’élastique, franchit audacieusement les gorges de Daluis.

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Le Pont de la Mariée

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Bancs de pélites rouges sculptés par l’érosion et Pont de la Mariée

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Imposantes parois verticales de pélites aux découpes losangiques

La clue d’Amen, à la fois spectaculaire et esthétique , entaille le massif de pélites du Dôme de Barrot pour se jeter dans les eaux du Var.Elle nous offre une magnifique cascade visible de la route.

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Rencontre des Gorges de Daluis et de la Clue d’Amen

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… de plus près

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Le Var et la cascade d’Amen

En aval des gorges, un bloc de pélites schisteuses  rouges  affecte la forme d’une tête de femme : c’est la « gardienne des gorges ».

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Tête de femme sculptée par l’érosion dans les pelites schisteuses permiennes

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Le Var, à la sortie des Gorges de Daluis, en aval 

Non loin, le Pont de Berthéou marque la fin de la clue de Berthéou, site idéal pour l’initiation au canyoning.

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Pont de Berthéou

Du pont de Berthéou, part un sentier d’interprétation des gorges du Daluis qui mène au Point sublime, magnifique site d’observation panoramique.

Le sentier du Point sublime

 

Dominant les gorges de Daluis, là où elles sont le plus étroites et le plus spectaculaires , ce sentier court sur le flanc du Dôme de Barrot. Une promenade facile nous fait découvrir  plantes méditerranéennes, cigales , oiseaux, figures sédimentaires fossilisées , vestiges de voies romaines? jusqu’au Point Sublime .Ce belvédère nous offre un fabuleux point de vue sur les gorges de Daluis , les cimes et collines du haut-pays et moyen-pays.

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Point de départ du sentier large et peu pentu    

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Pélites permiennes surmontées de roches calcaires triasiques

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Paysage vu du sentier, vers le nord   

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Paysage vu du sentier, vers le Nord-Est  

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Paysage vu du sentier, vers l’Est

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Arbre à perruques – Cotinus coccygeria 

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Grande cigale Lyristes plébérus

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Le Flambé Ephiclides podalirius

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Chardon bleu Echinops ritro

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Vers l’Est, crête du Cambon et cime du Cluot de la vieille    

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      Marche « balisée  » vers le Point sublime

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Craquelures fossilisées de boue pélitique asséchée  ( = mud-cracks) et rides de rivage fossilisées ( = ripples-marks )

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Ripples-marks dans les pélites

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      Sur le sentier, on s’approche du point sublime

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Le Point sublime

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Vue du Point sublime, vers l’amont

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Vue du Point sublime, sur le Var en aval  

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 Vue du Point sublime, face à la Crête de Cambon, en direction du Dôme de Barrot

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      ... en zoomant …

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…de plus près encore, on distingue les entrées des anciennes mines de cuivre de Roua

Les Gorges de Daluis, au cours des siècles derniers, ont été exploitées pour leurs gisements de cuivre. En face du belvédère du point sublime, vers le sud-est sur la falaise, on peut apercevoir les entrées des anciennes mines de cuivre de Roua. Elles étaient très difficilement accessibles. Les mineurs de l’époque, essentiellement des paysans du canton, devaient, au péril de leur vie, descendre puis remonter avec des échelles et des cordages et travailler de longues journées dans des galeries humides et étroites (Ecomusée de la mine de Léouvé).

Informations complémentaires sur les mines de cuivre de Roua 

Exploitées 2500 ans avant J.C. par les hommes préhistoriques, les mines de Roua ont fourni du cuivre natif riche en arsenic, ce qui lui conférait une plus grande dureté. La dernière tentative d’exploitation eut lieu en 1864 comme en témoigne le village abandonné d’Amen.

Situées sur les communes de Guillaume et de Daluis, face au point sublime, les mines de Roua offrent une grande diversité de minerais.

Outre les métaux à l’état natif (cuivre et, plus accessoirement, argent, or et fer) , une soixantaine d’espèces minérales y sont répertoriées, parmi lesquelles sept sont nouvelles pour la chimie (Gilmarite, Radovanite, Rollandite, Rouaite, Théoparacelsite, Tillmannsite, Wallkilldellite-Fe). Ces découvertes récentes soulignent l’intérêt exceptionnel de ces mines et assurent leur statut de haut-lieu de la minéralogie internationale.

 

 Le dôme de Barrot

Situé au sud-ouest du massif cristallin de l’Argentera-Mercantour, le dôme de Barrot est un petit massif montagneux dans lequel les séries permiennes, bien développées, constituent un dôme anticlinal . Autour du dôme, les formations mésozoïques et cénozoïques sont déformées et plissées par l’orogenèse alpine. 

Ces formations permiennes continentales se sont déposées dans un graben en distension, le bassin Argentera-Barrot. Le dôme de Barrot représente l’extrémité sud-ouest de ce bassin.

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Les pélites rouges permiennes du Dôme de Barrot

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Extrait de la carte géologique au 1/50 000 ( BRGM – InfoTerre)

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      Pélites rouges, plus ou moins stratifiées, sculptées par l’érosion

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Des passées  vertes dans le rouge traduisent divers états d’oxydation du fer    

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Pélites craquelées    

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Pélites litées au bord du Cians   

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Pélites schisteuses et plissées des gorges du Cians 

 

Un résumé d’histoire géologique    

 

A la fin du Paléozoïque ( Ere primaire ), il y a environ 250 millions d’années, suite à l’érosion d’un massif cristallin hercynien, aujourd’hui disparu, des sédiments argileux, quartz, paillettes de mica, minéraux riches en fer et cendres volcaniques se sont déposées sur le site du dôme de Barrot qui était alors une plaine inondable. Au fur et à mesure de leur accumulation, ces sédiments se sont enfoncés dans un bassin d’effondrement (un graben en distension, le bassin Argentera-Barrotoù la pression et la chaleur les ont transformés en roches appelés pélites.

Le climat chaud et humide de l’époque provoqua l’oxydation du fer qui colora les sédiments en rouge, en leur donnant une couleur lie-de-vin.

Au Mésozoïque (Ere secondaire), la mer s’installe sur cette couverture pélitique où se déposent de nouveaux sédiments provenant d’un massif situé dans l’actuelle Méditerranée. Après diagénèse, ces sédiments engendreront des calcaires, marnes grises et grès.

Au Cénozoïque (Ere tertiaire), le soulèvement des Alpes fit naître le Dôme de Barrot dont les pélites entaillées par l’action érosive du Var et du Cians sont aujourd’hui visibles sur plusieurs centaines de mètres dans les Gorges du Cians et de Daluis.

 

Jean et Catherine CHAUVET 

 

 

Visite de l’observatoire solaire Thémis , à Tenerife

 

Un téléscope héliographique pour l’étude  du magnétisme et des instabilités solaires

 Article de Pierre Gibaud

Au volcan du Teide à Tenerife, sur le bord Est de la Caldera à 2400 m d’altitude, on a installé 8 coupoles et 4 tours solaires gérées par différents pays.  

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THEMIS = Télescope Héliographique pour l’Etude du Magnétisme et des Instabilités Solaires. Cet observatoire a été construit par la France et l’Italie et il est géré avec l’Espagne.  

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 Dans le hall, des illustrations pour les touristes, non visiteurs de la partie scientifique.

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En 2008, sur rendez-vous, le directeur français va nous piloter dans toutes les installations. D’abord quelques explications sur le soleil, ses taches, son activité variable…

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Par l’escalier, nous montons vers la coupole. Par une fenêtre, on voit le pic du Teide. 

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Dans la coupole, il fait presque noir. Seulement un fin croissant de lumière aveuglante passe entre la coupole et l’extrémité du télescope.Le mouvement du télescope étant ultra précis, tandis que celui de la coupole est moins rigoureux en raison du vent, un petit espace est donc nécessaire entre les deux.

Une photo au flash montre le tube bleu du télescope : diamètre 90 cm longueur 8 m.  

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On s’habitue à l’obscurité et on observe la plate-forme fixe bien distincte de la partie centrale circulaire et mobile sur laquelle il est interdit de marcher pour éviter les vibrations. 

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Pour étudier chaque longueur d’onde spécifique, un « monochromateur » partage la lumière de façon convenable en « repliant » les rayons dans le tube du télescope.Un miroir orienté par un dispositif micrométrique, sélectionne ensuite la bonne couleur. 

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A la base du télescope, les capteurs couplés à l’électronique de mesure sont montés sur des tables 2D à mouvements micrométriques. 

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Nous redescendons dans les bureaux d’analyse et d’enregistrement des mesures. 

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Sur l’un des écrans on peut lire la date et l’heure du cliché  23-07-2008 et 12 h 11 mn 35 s. Mais on voit surtout les coordonnées du point de mesure et divers paramètres.  

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Sur la droite de l’écran suivant on voit des courbes symétriques. C’est l’action du magnétisme solaire sur les raies spectrales de sa lumière : elles sont dédoublées. 

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Explication : Contrairement à la lumière émise par incandescence qui a un spectre continu, la lumière émise par les atomes ne concerne pas toutes les fréquences mais seulement quelques unes. Le spectre comporte des raies colorées propres à chaque type d’atome.

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Mesure du magnétisme solaire. En 1896, le hollandais Zeeman a découvert qu’un champ magnétique intense dédouble les raies spectrales et l’écart est proportionnel à son intensité. Il suffit donc de mesurer l’écartement des raies dédoublées pour connaître la valeur du magnétisme du soleil (ou d’une étoile). Dans une tache solaire, le champ magnétique est 600 fois plus intense que le champ magnétique terrestre moyen. 

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Au centre du soleil, la fusion thermonucléaire de l’hydrogène produit de l’hélium et beaucoup d’énergie. La chaleur est finalement transmise par convection dans le « manteau » solaire.Mais à des milliers de degrés, la matière est ionisée. Cette matière électrisée en mouvement crée un champ magnétique selon les lois de la magnétohydrodynamique. La mesure du magnétisme renseigne donc sur l’activité du soleil aux multiples conséquences sur la Terre. 

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La variabilité de l’activité solaire contribue à la variabilité du climat terrestre. Déjà, en 1801, Herschel, l’astronome anglais découvreur d’Uranus, avait observé que lorsque les taches solaires étaient rares, la récolte de blé était insuffisante et le cours montait à la bourse aux grains de Londres !

Voici deux courbes montrant le parallélisme évident entre le nombre annuel moyen de taches solaires et l’évolution de la température moyenne terrestre.   

18 taches et climat

Les rayons cosmiques découverts par Pierre Auger en 1932 sont mesurés continuellement depuis. La courbe suivante montre que lorsque le nombre de taches solaires augmente (magnétisme solaire plus intense), le flot des rayons cosmiques qui arrivent sur Terre est fortement diminué : le magnétisme solaire est un bouclier anti- rayons cosmiques.  

19 taches et rayons cosmiques

Actuellement le magnétisme solaire est faible malgré quelques éruptions solaires (elles sont spectaculaires pour le journaliste mais banales pour l’astronome !). Le cycle n° 24 en cours, est arrivé tardivement en 2010  au lieu de 2008 et n’est pas très actif comme ce fut le cas lors des précédents épisodes de refroidissement terrestre. 

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Avant de nous quitter, le directeur nous a  dit : « le soleil est faiblard et je pense fortement qu’il va faire mentir le catastrophisme de Nicolas Hulot et ses amis ! »

Pour nous géologues, nous savons bien que les variations du climat terrestre ont plusieurs causes principales :les variations des paramètres astronomiques  et les aléas solaires,la variation de la concentration des gaz à effet de serre, l’effet albédo, le volcanisme. Le CO2 dégagé par l’homme est un facteur aggravant mais récent comparé à la variabilité des paléoclimats depuis des centaines de millions d’années.

Nous sortons sur la terrasse pour déambuler parmi d’autres installations.

Placé sur un local technique, voici un cadran solaire complexe qui illustre les compétences mathématiques des astronomes du site !   

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Nous redescendons vers la vallée par la route taillée dans les paysages volcaniques. 

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Pierre GIBAUD

Pour en savoir plus sur Themis :  http://www.canal-.tv/video/science_en_cours/le_telescope_solaire_themis.161

 

                                                                                           

 

Reportage photographique à Tenerife

 

Couleurs du Teide, le volcan de Tenerife        

 Pierre Gibaud

L’archipel des Canaries, province espagnole au large du Maroc est formé de 7 îles principales. Chacune est un volcan de point chaud dont l’activité s’étale de 10 Ma à nos jours.

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 Le Teide est le pic principal du massif volcanique de Tenerife, la plus grande île.

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C’est le troisième volcan du monde après ceux de Hawaï,si on décompte leur hauteur à partir du plancher océanique. Il culmine à 3718 m au-dessus de la mer.

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Tenerife est agé de 3,5 Ma, tandis que le pic central n’a que 0,2 Ma et les dernières coulées datent de 1909. Christophe Colomb l’a vu en activité et a préféré faire escale à l’île de La Gomera.

                              Voici une excursion illustrée par mes photos                      prises au cours de plusieurs voyages.

En montant par la route nord, en zone forestière, voici une « rose de basalte » (4 m x 5m) à l’extrémité d’une de coulée. Cette solidification en orgues radiales est assez rare. 

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 Parmi les pins canariens (à 3 aiguilles), voici la silhouette du Teide.

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La route creusée dans les couches de cendres (gravillons agglomérés) permet de voir les empilements diversement colorés selon la composition de la lave à diverses époques ! 

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Un panneau  explique l’origine des différentes couches : claires ou sombres. 

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L’analyse des isotopes du soufre permet de savoir à quelle altitude les cendres ont été éjectées.Plus elles montent haut et plus le bombardement par les neutrons solaires fabrique de l’isotope 33S. La mesure du rapport 33S / 32S permet de connaître la violence de l’explosion.

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Une plate-forme naturelle porte des antennes et plusieurs observatoires internationaux.   

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Nous voici arrivés dans la caldeira dont l’altitude varie de 2000 à 2200 m.Sa largeur d’Est en Ouest est de 15 km et par endroits la paroi atteint 500 m de hauteur !Dans ce vaste espace, on trouve des coulées de tous âges.

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Quelques roches colorées.

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Vue du Teide face Est. 

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Les coulées récentes sont noires et souvent riches en obsidienne.

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L’obsidienne est un verre naturel sombre aussi brillant et coupant que le verre des hommes.

Avec le temps, au bout de plusieurs siècles ou millénaires,les composés ferreux s’oxydent et les coulées prennent alors une couleur rouille. 

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Sur les flancs du pic on observe des coulées très visqueuses pleines de rides. 

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Dans ce mode minéral, la vie est bien présente et le parc national du Teide est une réserve naturelle très protégée : « El Parque Nacional de las Cañadas ».

Après les lichens, et quelques plantes naines, les premiers végétaux de grande taille à coloniser les coulées, sont une variété de « genêts » dont les racines fracturent les blocs.

Le tajinaste ou vipérine rouge est propre à Tenerife. Bisannuelle, ses fleurs sont roses et donnent de petites graines ressemblant aux graviers volcaniques appelés « picón ». 

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Les fleurs attirent les insectes dont se régale le lézard « Gallotia ». 

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          Dans la caldeira, des volcans annexes ont été détruits par l’érosion. Il ne reste que le bouchon solidifié dans la cheminée. 

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En 1995, le téléphérique fonctionnait encore et nous a permis de monter sur le pic du Teide. La tache blanche vue d’en bas est une coulée de lave carbonatitique.

Les laves carbonatitiques dérivent d’un magma exceptionnellement enrichi en CO2 et Ca selon des modalités encore mal connues. Elles jaillissent noires, plus ou moins rougeoyantes et blanchissent très vite une fois refroidies, les minéraux s’altérant avec l’humidité. 

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Au sommet, nous sommes à côté de cette même tache blanche. 

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Vue d’en haut à 3600 m, on domine la  caldeira qui fut remplie par de la lave.Nous sommes à 80 m sous le sommet dont on voit le sentier d’accès au premier plan. Il n’est autorisé qu’à un petit nombre de scientifiques afin de protéger le site des hordes de touristes.

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Au pied du téléphérique, un muret montre la diversité des roches colorées. 

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 Au soleil couchant, les couleurs sont particulièrement agréables. 

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Nous sortons de la caldeira.

Voici le télescope solaire Thémis que je vous ferai visiter en détail dans un prochain article. 

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      Vue sur la plaine côtière de Candelaria sur la côte Est.

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      Et un dernier regard sur le pic. 

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Si vous allez  en vacances à Tenerife, il faut monter au Teide rien que pour le plaisir des yeux. Evitez les minibus pleins de touristes car vous aurez tous les mêmes photos faites aux « arrêts japonais » ! Louez une voiture pour la journée. Les routes sont assez larges et sans danger particulier. On peut accéder à la caldeira par au moins 5 routes différentes.

Enfin une information climatique importante. Le Teide et la ligne des crêtes SO / NE sépare Tenerife en deux zones climatiques :

– Le Sud-Est est semi désertique type Marakech et regroupe l’essentiel des touristes.

– Le Nord-Ouest est océanique doux type Biarritz l’été : vigne, bananiers, nuages l’après midi !

Bon voyage !

Pierre GIBAUD

 

Stromatolites d’Australie

 

Stromatolites marins et lacustres       

 Article de Claire König

 

Stromatolites d’Hamelin Pool

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Stromatolites dans la baie d’Hamelin Pool

Les stromatolites sont des structures organo-sédimentaires avec relief vertical au dessus du substrat produit par capture de sédiment et précipitation résultant de la croissance d’une communauté benthique constituée principalement de cyanobactéries.

NB : Certains restreignent l’usage du terme aux structures à lamination interne.

Les stromatolites de Hamelin Pool peuvent être considérés comme la population marine la plus diversifiée actuellement connue et leur développement est attribué aux conditions hypersalines de la baie qui limite la biodiversité. Cette biodiversité, alors inexistante, est aussi la raison de leur apogée lors des temps précambriens.

Chacune des trois sortes de stromatolites est caractérisée par un assemblage précis et une croissance sur une bande caractéristique le long du rivage.

La variété pustuleuse forme des colonnes de 1 m de large et de 10 cm de haut, construites par Eontophysalis major, que l’on pense être un descendant direct de Eontophysalis, cyanobactérie construisant des stromatolites au précambrien ! représentant ainsi le plus long lignage connu en biologie.

La variété lisse croît dans la partie inférieure de l’intertidal avec Microcoleus chthonoplastes, Schizothrix sp. etc.

La variété botryoïde (colloform) forme de larges colonnes (1 m de haut et plus) en milieu subtidal jusqu’à 4 m de profondeur. L’assemblage consiste en une flore de diatomées et différentes cyanobactéries. Il faut ajouter que l’on trouve souvent des macroalgues (Acetabularia) fixées sur ces formes.

La croissance des stromatolites est très lente :  0,3 mm /an, l’érosion compensant à peu près la formation. La lithification commence 1-2 cm sous le niveau de vie et la construction est orientée selon les vagues (élongation) et contre le vent (sud).

Mais il reste beaucoup à étudier et il n’y a pas d’autre région pour le faire.

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Hamelin Pool 

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Hamelin pool  – Vue d’ensemble sur les stromatolites

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Hamelin pool 

Stromatolites lacustres de lacs salés ou d’eau douce

Il existe aussi en Australie des stromatolites lacustres de lacs salés ou d’eau douce :

Lake Clifton : eau saumâtre – Lake Richmond : eau douce – Rottnest Island : lacs salés – Lake Thetis : lac salé 1,5 fois la salinité de la mer.

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Tethys Lake  – stromatolites

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Tethys Lake   – stromatolites

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Clifton Lake

Les plus anciens stromatolites  fossiles ont été trouvés au sud de Marble Bar dans le craton de Pilbara dans le groupe de Warrawoona vieux de 3,5 Ga.

Les stromatolites et la longueur du jour ? Comme les coraux, les stromatolites peuvent être utilisés pour mesurer le nombre de jours dans l’année mais dans des temps plus anciens. Il y a 850 Ma, il y avait 435 jours dans l’année de 20,1 heures ce qui correspond aux autres données indiquant un ralentissement de la rotation de la Terre dû aux frottements des marées.

 

Article de Claire König – membre de l’AVG

Photos de Christian König

Les pans de Travassac , en Corrèze

 

Une ardoisière spectaculaire

Article de Pierre Gibaud   

 

Sur la commune de Donzenac en Corrèze, à 12 km au nord de Brive-la-Gaillarde se trouve une ardoisière spectaculaire. La situation géologique et l’exploitation par les hommes ont donné un site exceptionnel. Que vous soyez géologue ou simple touriste, le site vaut le voyage.

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Le site étant privé, il faut donc se joindre à une visite commentée pour se mesurer à ces pans vertigineux. En attendant l’horaire, on peut se détendre et se rafraîchir à l’ombre et consulter des panneaux descriptifs qui seront encore plus faciles à comprendre lorsque la visite sera terminée.

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Ce jour-là, une jeune fille nous a pilotés avec gentillesse et grande compétence.

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Les « pans » sont des murailles de quartzite qui séparent les couches d’ardoise retirées par l’exploitation déjà ancienne.

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Pendant l’exploitation, des « perces » ont été creusées dans les pans de roche dure pour faciliter la communication entre les différentes zones d’exploitation de l’ardoise.

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L’ardoise et le quartzite sont des roches métamorphiques, c’est à dire qu’elles résultent de la transformation d’autres roches,  sous l’action de variations de  température et de pression. L’argile a donné l’ardoise, tandis que le sable s’est transformé en quartzite.

Sur le site, on observe 7 pans de quartzite de même épaisseur séparant 6 zones d’ardoise. Ces dernières sont de même épaisseur un peu supérieure à celle de la quartzite.

Cette particularité est expliquée par une formation initiale unique : dans une cuvette peu profonde, une couche de sable s’est répandue uniformément. Le détail suivant montre que la quartzite fut d’abord un sable alluvionnaire.

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Ensuite une couche d’argile plus épaisse est venue recouvrir la couche de sable. Le tout s’est enfoncé dans le sol pendant une durée géologique.

Plus tard, les forces colossales qui ont soulevé les Pyrénées ont plissé l’ensemble (ardoise + quartzite) de façon que les plis soient devenus verticaux.

L’érosion a ensuite raboté la partie supérieure des plis

L’homme enfin a exploité l’ardoise, en laissant sur place les pans de quartzite très dure.

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Les carrières d’ardoise inexploitées sont maintenant envahies par l’eau.

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L’un des puits a une profondeur d’eau de 52 m et sert de base d’entraînement aux clubs de plongée.

La photo suivante  montre deux coupes d’un même puits d’extraction. 

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On se dirige maintenant vers une zone d’exploitation. Le site accueille de nombreux touristes qui peuvent déambuler sur un itinéraire bien sécurisé.

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Le fendeur d’ardoise  travaille « sur le tas » mais à l’abri du soleil ou du vent.

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Puis l’ardoise est découpée à la forme exigée et percée pour être retenue par un crochet (cuivre ou inox).

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Chaque ardoise est « sonnée » en la faisant tinter sous le choc d’un petit marteau. Ce test élimine les ardoises poreuses ou ne présentant pas la bonne épaisseur. Au final on ne vend que 6% d’ardoise à partir de la roche extraite !
Heureusement qu’il existe un autre débouché,  le dallage pour lequel on est  moins exigeant.

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Cette ardoise de très haute qualité est garantie 5 siècles. Vu son prix, elle est réservée aux monuments de haute valeur patrimoniale comme le Mont St Michel recouvert récemment.

Près de la sortie, au pied d’un pan de hauteur impressionnante, on arrive à un petit musée dont les vitrines contiennent des outils ou des documents caractéristiques des ardoisières.

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Encore un regard sur ce site exceptionnel !

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Rappelez-vous de Travassac quand vous serez dans la région. Ce site unique vaut le détour !

Texte, schéma et photos de Pierre GIBAUD

Le lac du Salagou (Hérault)

 

Le lac du Salagou (Hérault)        

 Article de Michel Rouet

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Le Lac du Salagou    

Le lac du Salagou est le lac de retenue du barrage du Salagou. Il est situé au centre du département de l’Hérault, sur la rivière Salagou, affluent de la rivière Lergue qui se jette dans l’Hérault.

La surface du plan d’eau est d’environ 700 hectares, tandis que le volume du réservoir est égal à 102 millions de m3. Le lac est dominé par des monts et des plateaux culminant à 300 m à l’Est et jusqu’à 407 m pour le Carels à l’Ouest.

Sur le plan géologique :

  • Sédimentation

Le lac du Salagou se situe dans le bassin d’effondrement permien de Lodève, au sud du Massif Central.

A la fin de l’ère primaire, au cours du Permien ( de – 300 à – 250 Ma ), ce bassin a été progressivement comblé par les matériaux d’altération et d’érosion de la chaîne hercynienne, sous un climat chaud et très oxydant, ce qui confère aux sédiments une coloration rougeâtre caractéristique.

La sédimentation dans le bassin de Lodève a évolué au cours du Permien : d’abord grossière avec des galets et des graviers, elle devenait plus fine avec des sables et des boues argileuses. Les dernières roches sédimentaires formées sont des argiles rouges connues sous le nom de « ruffes » ( de rufus , »rouge »).

L’emplacement du lac du Salagou a été décidé en raison de l’imperméabilité des ruffes du sous-sol, propice à maintenir le niveau d’eau.

Ces ruffes gardent de nombreuses traces de leurs dépôts telles que des rides de courant (ou ripple-marks), des fentes de dessication (ou mud-cracks), des traces de gouttes de pluies et des empreintes de Reptiles dont des Reptiles mammaliens, les Thérapsidés (La dalle de la Lieu comporte sur 500 m2 quelque 800 empreintes).

  •   Volcanisme

Entre  -1,9 et -1,4 Ma, un volcanisme important s’est développé dans la région de Lodève, avec des éruptions stromboliennes  alternant des périodes d’émissions de laves basaltiques et des périodes explosives. Une grande partie de l’ensemble volcanique a été démantelée par l’érosion. De larges affleurements basaltiques témoignent de ce volcanisme comme le neck de La Roque dominant le lac de Salagou.  

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Carte géologique  – InfoTerre -BRGM

Légende : Basaltes en bleu-gris  ; pélites, argilites rubéfiées , »ruffes » en gris.

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Paysage de

Paysages de « ruffes » du Permien

 » Ruffes » – détail d’un niveau plutôt grossier

Fentes de dessication ou de retrait (mud-cracks) à la surface d'un niveau argileux

Fentes de dessication ou de retrait dans des niveaux très argileux

Rides de courant ou ripple-marks

Rides de courant ou ripple-marks

La Lieude - Pistes de Reptiles Pélycosauriens ou Thérapsidés

Pistes de Reptiles Pélycosauriens ou Thérapsidés ?

1.Vue sur le Lac du Salagou

Vue sur le Lac du Salagou – Au centre, en bordure du lac, le neck de la Roque

3.Le neck de La Roque

Le neck de la Roque

Bloc détaché du neck de La Roque posé sur les

Bloc détaché du neck de la Roque, formé d’orgues basaltiques et posé sur les « ruffes »

Coulée basaltique ? Enclave de péridotite à spinelle

Enclave de péridotite dans une coulée basaltique

Plateau de l'Auverne (rive Nord du Salagou) Coulée basaltique du Quaternaire (âge = 1,5 Ma)

Plateau de l’Auverne (rive Nord du lac) – Coulée basaltique de 1,5 Million d’années posée sur des dépôts permiens

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Magnifiques orgues basaltiques, témoins du paléo-volcanisme effusif

Article de Michel Rouet

Photos de Michel et Annie Rouet et de Hendrik Vreken

Commentaires de Annie et Michel ROUET, Hendrik VREKEN et Jean CHAUVET

Bibliographie :

« Le tour de France d’un géologue » – François Michel – Editions du BRGM        « Les Trésors de France » – APS Apple.InfoTerre – Site du BRGM.